Page:NRF 7.djvu/909

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NOTES 903

" Tel fut l'éclat de leur science que le nom de Tolède éveille, dans la conscience du peuple dispersé, des souvenirs aussi puissants que Tibériade et Jérusalem. Ils parcouraient la terre et la mer pour visiter toutes les communautés, depuis la Provence et le Languedoc, jusqu'à l'Egj'pte. Ils critiquaient les idées des chrétiens, ou mieux, les idées des hommes du Nord, et parce qu'elles contrarient leur façon héréditaire de sentir, ils enseignaient qu'elles contredisent la raison. "

Et la dernière ligne de ce paragraphe nous renvoie à la page 186 de l'appendice, où nous trouvons la note suivante :

" On pourrait méditer ce fait, avancé par quelques-uns, que la mère de Montaigne, Antoinette de Pouppes ou Antoinette Popez, descendait de ces grands Juifs tolédans. Elle est, dit-on, une Juive portugaise, une fille de ces Juifs portugais qui se tiennent pour une aristocratie parce qu'ils sont expulsés d'Espagne. Mais qu'y a-t-il là de certain ? Ce ne sont que des conjectures excitantes. Après réflexion j'efface une note que j'avais mise ici, trop à la légère, dans une édition précédente. Je prétendais reconnaître dans Montaigne " un étranger qui n'a pas nos préjugés. " J'osais dire qu' ** avec une éducation plus solide et une formation aristocratique, Montaigne, c'est au fond, le tempérament d'Henri Heine. " Il y a là un problème que je ne suis pas en droit de résoudre contre un grand écrivain français. "

On ne verra pas sans plaisir, dans l'importante déclaration que nous enregistrons ici, M. Maurice Barrés induit par la réflexion, et par une salutaire réaction du bon sens contre les imprudences du " point de vue français, " à répudier les

  • ' conjectures excitantes " que sa passion lui persuadait sans

doute d'utiliser.

J.C.

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