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LETTRES A FANNY BRAWNE 971

petit feu dans les raouts ! Non ! mon amour ; fiez-vous à moi ! la fortune aidant, je saurai vous créer de plus nobles plaisirs ! — Je crains que vous ne receviez pas ceci avant Dimanche ou Lundi : ne me haïssez pas d'ici-là ! comme écri- rait l'Irlandais. Il me tarde d'être en route pour Winchester ; je commence à prendre en grippe jusqu'aux grilles d'entrée, les noms des rues, les pierres mêmes !

Vous vous informez de ma santé sans me parler de la vôtre ? Je vais tout à fait bien. Le fait que vous sortez n'est pas une preuve certaine que vous allez de même... où en êtes-vous ? Les heures tardives sont très dangereuses pour vous. J'ai eu quelques jours de solitude pendant que Brown courait le pays avec son vieux havresac. Au fond, sa compagnie me plaît autant que n'importe quelle autre, — et pourtant, j'ai été fâché de son retour : il m'a surpris comme un coup de tonnerre ! Je m'étais absorbé dans un rêve, parmi mes livres, et je jouissais voluptueusement d'une solitude et d'un silence que vous seule auriez dû rompre.

Votre éternellement affectionné

John Keats.

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