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SEPT HOMMES 8ll

indigne femme, qui me doit sa vie nouvelle, sa vie bien- heureuse et féconde. Le long de ce panneau, un secrétaire de Leleu appuie son harmonieuse carrure. C'est un souvenir du crime des Abbesses qui me fit sangloter devant le jury, la première fois que je plaidai aux assises, tant l'innocence de mon client me convainquait et me passion- nait. — Quelle victoire, cet acquittement ! — Ouvert, le meuble vous apparaîtrait bondé de bibelots qui, tous, ont leur histoire, et se rattachent à une conquête de ma longue, de ma glorieuse carrière. Il contient une liasse d'épîtres laudatives. Il recèle, au fond d'un coffret, les gages des hautes amours qui troublèrent mon cœur et où je triomphai^. comme je triomphe partout où je m'en efforce.

Ancien bâtonnier, académicien, prix Nobel... Les énumérerai-je tous, mes titres ? Regardez ici, sur ce socle,^ — un système d'éclairage la met bien en valeur, — voici la reproduction de la statue que Ruffiec, ma ville natale, m'éleva, moi vivant^ au seuil de la maison commune.

— Charlatan ! BlufFeur 1

Il fallait entendre aboyer les roquets 1 Mais p'assist;? pa§ qui veut à sa propre apothéose. ,o?:nqiu?. oh o /HOi.'f-

Et pourtant, les honneurs, cette richesse, cette gloire, ces piquantes amours, ce ne doit pas être cela... Car j'attends, je passe ma vie à attendre. J'attends... autre chose !

Tenez, — on sonne à l'office. Il est l'heure du courrier. Il se peut que ce soit pour ce soir.

Le silence recouvre mon, anxiété, — le cœur me bat toujours, vous savez, dans ces moments-là... Puis, une porte s'ouvre... Des pas... m p^. ..■ ^îrii,.--; -i

— Oui, entrez... merci ! jr.^o oh gj^Ilid ?:,-jnl'n:.-

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