Page:Nansen - La Norvège et l'Union avec la Suède, trad Rouy, 1905.djvu/21

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introduction historique

pays était rompue, le peuple suédois verrait avec une complète indifférence, la Norvège ruinée et dépouillée par d’autres puissances européennes.

Cependant, en 1809, le peuple suédois sut se souvenir du service que lui avaient rendu les Norvégiens ; il le prouva, lorsqu’on cette même année, la diète suédoise, qui devait élire un successeur à son nouveau roi, Charles viii, sans postérité, porta son choix sur le commandant en chef de l’armée norvégienne, en le motivant de façon toute spéciale par ce fait « que Christian-Auguste avait rendu à la Suède le plus grand service qu’elle eût jamais reçu d’un étranger. »

Malheureusement, Christian-Auguste mourut dans le courant de l’année, et les Suédois durent élire un nouveau prince héritier. Leur choix se porta cette fois sur le maréchal français Bernadotte qui prit le nom de Charles-Jean. Ils semblèrent bientôt avoir oublié la reconnaissance qu’ils devaient aux Norvégiens.

Charles-Jean s’aperçut vite qu’il était vain de penser à reconquérir la Finlande, et qu’il était préférable pour la Suède, quelle cherchât un dédommagement en acquérant la Norvège. Il n’aurait certes pas mieux demandé que de voir la Norvège et la Suède réunies et bonnes amies, mais les difficultés qui surgirent furent beaucoup plus graves qu’on n’avait pu le prévoir, et Charles-Jean abandonna alors ses premiers projets : trois ans après que son prédécesseur, sous l’influence norvégienne, avait sauvé la Suède de