Page:Nansen - La Norvège et l'Union avec la Suède, trad Rouy, 1905.djvu/53

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résumé de l’histoire de l’union

L’histoire offre souvent les mêmes faits, qui, à plusieurs années d’intervalle, se reproduisent ; nous voyons là, élevées par les Suédois, des prétentions tout à fait analogues à celles qu’ils émettent aujourd’hui, lorsqu’ils exigent qu’une autre affaire norvégienne, celle des consulats, ne soit résolue qu’en connexion avec d’autres litiges relatifs à l’Union.

Il fut impossible alors au roi de Norvège d’agir avec toute sa liberté ; il ne lui fut pas permis d’acquitter la promesse qu’il avait faite à son conseil d’état norvégien ; comme roi de Suède, il fut contraint de céder à une pression venant de Suède, et, par suite, le roi de Norvège dut, en conseil norvégien, refuser sa sanction. Il fit cependant mentionner au procès-verbal que sur tous les points principaux, il partageait l’opinion de ses ministres, quant à l’importance de l’affaire, au point de vue des intérêts norvégiens ; il ajouta même qu’il eût volontiers obtempéré aux désirs du peuple norvégien, s’il eût trouvé le moment opportun. Cette déclaration royale, dictée au procès-verbal, et reconnaissant ouvertement que les égards envers la Suède empêchaient seuls le roi d’agir comme roi de Norvège, ne rendait pas l’affaire moins blessante pour notre pays.

Le Storthing répondit, le 23 avril 1860, par une adresse unanime au roi, protestant de la façon la plus absolue contre la prétention de la Diète suédoise, tendant à subordonner l’abolition du poste de gouverneur de Norvège, à une décision venue de Suède.