Page:Nansen - La Norvège et l'Union avec la Suède, trad Rouy, 1905.djvu/62

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la norvège et l’union avec la suède

les[1], les Suédois ont voulu donner à ce traité une interprétation plus ample et étendre la communauté d’une manière qui n’était pas prévue par l’Acte d’Union, mais qui, prétendaient-ils, s’entendait de soi-même par suite de la nature de l’Union ; et en ce qui concerne la direction des Affaires étrangères, ils en sont même arrivés jusqu’à admettre, par l’entremise de leur gouvernement (1891) cette opinion que « ni l’Acte d’Union ni aucune autre loi « unionnelle » n’accorde à la Norvège le droit de participer au traitement des affaires « ministérielles » (c’est-à-dire diplomatiques) ».

Le traité de l’Union, chose curieuse, ne mentionnant pas, d’une manière formelle, comment les Affaires étrangères seront traitées dans les circonstances normales[2], il est facile de comprendre qu’avec des opinions aussi diverses sur la nature même de ce traité, il devait se produire des différends sérieux. C’est pour des raisons qui seront mentionnées dans la suite, notamment après 1885, que cette question de litige est passée au premier plan, et elle est en ce moment la grande difficulté entre les deux peuples.

En raison de l’importance de cette question il est nécessaire, dans les pages suivantes, de faire

  1. Adresse du Storthing au roi, en date du 23 avril 1860.
  2. L’Acte d’Union ne mentionne les Affaires étrangères que conjointement avec le gouvernement intérimaire en cas de vacance du trône, et il donne des règles générales au sujet du rapport et de la discussion en Conseil des ministres des « questions concernant les deux royaumes ».