Page:Nansen - La Norvège et l'Union avec la Suède, trad Rouy, 1905.djvu/80

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la norvège et l’union avec la suède

frappants, lorsque la Suède, vers 1880, adopta une politique fortement protectionniste, tandis que la Norvège continuait à maintenir un système plutôt libre-échangiste.

L’effet immédiat fut que les traités antérieurement communs à la Norvège et à la Suède, durent être passés séparément pour chacun des deux royaumes. Par ce nouvel état de choses, la situation des consuls communs devint encore plus difficile ; et, comme ils étaient les subordonnés d’un ministre des Affaires étrangères suédois, il y avait à craindre que, dans les cas où les intérêts seraient contraires, la question ne fût tranchée aux dépens de la Norvège.

La concurrence augmenta encore lorsque, il y a dix ans, la Suède dénonça la convention aux termes de laquelle le commerce entre la Norvège et la Suède était pour ainsi dire exempt de droit de douane, ce changement força le commerce d’exportation des deux pays, à chercher l’avantage des marchés étrangers pour écouler ses produits. La franchise qui avait existé jusqu’alors entre les deux pays, était certainement le lien réel qui les unissait le plus fortement ; quand il fut supprimé par la Suède, le nerf vital de leur existence commerciale et industrielle commune fut tranché[1].

  1. On semble s’en rendre compte de plus en plus en Suède. L’ex-ministre des Affaires étrangères, M. Lagerheim, déclara dernièrement dans une réunion en Suède, cette dénonciation du traité du commerce, appelée « mellemrigslov » comme la plus grande faute de la politique unionnelle suédoise.