Page:Nerciat - Contes saugrenus, 1799.djvu/91

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Guillot. C’est l’oncle de ta Dorothée qui me l’a enseigné. Autrefois cet endroit était le refuge d’une bande de voleurs : Tonnère y en a pris plusieurs pour son compte…

Jacot. Mais, crois-tu, cousin qu’elles auront la braverie de venir…

Guillot. Garde-toi de leur parler de ce que je viens de t’apprendre…

Jacot. Mais, si je viens à avoir peur moi, et qu’alles me demandent pourquoi ! qu’est ce que je leur dirai !

Guillot. Va-t-en au diable ! Si tu as peur, tu ne seras qu’un sot, et je serai le premier à presser Dorothée de te planter là ; quant à moi pour mes amours, je me passerai fort bien de ta présence, et je n’ai pas peur… &c.

D’après cela le Diavolo savait donc qu’il se ferait une partie quarrée, où Guillot et Jacot auraient l’honneur d’entretenir Mlles Jannette et Dorothée, et de goûter avec elles ! Il ne s’agissait plus que d’épier, de troubler la fête et de s’emparer des beautés villageoises. Ce n’était pas ce qui se montrait le plus difficile à l’aguerri valet, peu délicat, en toute occasion sur le choix des moyens.

J’ai votre affaire, Monsieur, dit au Chevalier de la Ricanière vers midi, le bandit Diavolo, tout lier d’un succès dû au pur hazard, mais dont il voulait que tout l’honneur demeurât pour le moment, à son génie.

La Ricanière. Comment ! Tout de bon ! Tu es déjà venu à bout de nouer une intelligence ?…

Diavolo. Mieux que cela, j’ai un rendés-vous !…

La Ricanière. Cela s’appelle parler, et voila que je reconnais mon homme supérieur… mon diable, en un mot. Comment cela s’arrangera-t-il ?