Page:Nerlinger - Billets d'automne, 1893.djvu/27

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On les parcourt lentement et la lecture présente se colore des réminiscences du passé. Plus que toute autre époque de l'année, le mois de décembre est celui de tous qui est empreint le plus d’un charme ineffable que les années en marchant ne peuvent effacer. C’est le mois de Noël, et il est peu de gens, si malheureux qu’ils fussent, qui n'aient gardé souvenance au moins d’un de ces radieux Noëls de chez nous.

Nous entrons dans une semaine durant laquelle tous les petits enfants d'Alsace ont la fièvre, en songeant à cette soirée bien heureuse du 24 décembre, où leurs désirs, caressés follement pendant de longues semaines, doivent enfin se réaliser. Leur choix est fait, ils ont arpenté cent fois peut-être les allées du Chrischtkindels- mérik, et, dans leurs prières du soir, ils ont candidement confié au Chrischtkindel leurs désirs, sachant bien que leurs vœux seront exaucés, s'ils sont bien sages, et ils s'efforcent bien courageusement de l'être, au moins pendant une semaine.