Page:Nerval - Aurélia, Lachenal & Ritter, 1985.djvu/7

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PRÉFACE DE L’ÉDITEUR


Gérard de Nerval, de son vrai nom Gérard Labrunie, n’a pas trente-trois ans lorsqu’il connaît, le 23 février 1841, une première crise de folie. Le 9 novembre, il écrit à Mme Alexandre Dumas :


« Il [Dumas] vous dira que j’ai recouvré ce que l’on est convenu d’appeler raison, mais n’en croyez rien. Je suis toujours et j’ai toujours été le même et je m’étonne seulement que l’on m’ait trouvé changé pendant quelques jours du printemps dernier. L’illusion, le paradoxe, la présomption sont toutes choses ennemies du bon sens, dont je n’ai jamais manqué. Au fond, j’ai fait un rêve très amusant, et je le regrette ; j’en suis même à me demander s’il n’était pas plus vrai que ce qui me semble seul explicable et naturel aujourd’hui. Mais comme il y a ici des médecins et des commissaires qui veillent à ce qu’on n’étende pas le champ de la poésie aux dépens de la voie publique, on ne m’a