Page:Nerval - Aurélia, Lachenal & Ritter, 1985.djvu/8

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laissé sortir et vaguer définitivement parmi les gens raisonnables que lorsque je suis convenu bien formellement d’avoir été malade, ce qui coûtait beaucoup à mon amour-propre et même à ma véracité. Avoue ! avoue ! me criait-on, comme on faisait jadis aux sorciers et aux hérétiques, et pour en finir, je suis convenu de me laisser classer dans une affection définie par les docteurs et appelée indifféremment théomanie ou démonomanie dans le Dictionnaire médical. À l’aide des définitions incluses dans ces deux articles, la science a le droit d’escamoter ou réduire au silence tous les prophètes et voyants prédits par l’Apocalypse, dont je me flattais d’être l’un ! Mais je me résigne à mon sort, et si je manque à ma prédestination, j’accuserai le docteur Blanche d’avoir subtilisé l’esprit divin. »


En 1852, Gérard de Nerval se plaint de douleurs à la tête. Au printemps de 1853, il est soigné dans la clinique du docteur Dubois pour cyclothymie ; il en sort pour reprendre ses promenades à travers Paris et le Valois. Le 15 août, Sylvie paraît dans la Revue des Deux Mondes et, le 27, Nerval est interné dans la maison de santé du docteur Blanche à Passy. Les crises de délire