Page:Nettement - Histoire de la littérature française sous la restauration 1814-1830, tome 1.djvu/435

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éducation était ce qu’il y avait de plus propre au monde à faire de Paul-Louis un rhéteur, c’est-à-dire un homme beaucoup plus occupé de l’art de bien dire que du devoir de bien faire ; un esprit choisi, délicat sur les mots et indifférent sur les choses, curieux de jouissances littéraires, un égoïste lettré, suivant en tout sa fantaisie, bien plus capable de parler du dévouement en bons termes que d’en avoir. C’est sous ces traits qu’il apparaît au début de sa carrière. La révolution, qui remua si vivement presque tous les cœurs dans un sens ou dans un autre, laissa le sien assez calme : il ne fut ni royaliste, ni très-zélé républicain ; il aimait trop à vivre d’une vie à son choix, pour prendre en bonne part des événements qui entraînaient violemment toutes les destinées particulières dans le torrent des destinées publiques. Il se montra très-médiocre soldat pendant les guerres républicaines ; aussi obtint-il peu d’avancement. En 1795, il quitta sans autorisation l’armée qui assiégeait Mayence, et il a lui-même dit de ce siège, dans un billet d’un héroïsme équivoque : « J’y pensai geler, et jamais je ne fus plus près d’une cristallisation complète. » On re-

    d’août 1809 : « Je corrige un Plutarque qu’on imprime à Paris. C’est un plaisant historien, et bien peu connu de ceux qui ne le lisent pas dans sa langue. Son mérite est tout dans le style ; il se moque des faits et n’en prend que ce qui lui plaît, n’ayant souci que de paraître habile écrivain. Il ferait gagner à Pompée la bataille de Pharsale si cela pouvait tant soit peu arrondir sa phrase. Il a raison. Toutes ces sottises qu’on appelle l’histoire ne peuvent valoir quelque chose qu’avec l’ornement du goût. »