Page:Nichault - Laure d Estell.djvu/246

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de m’éloigner pendant quelques jours, je viendrai les passer près de ma pauvre sœur.

La joie de ma belle-mère en apprenant ce que nous avions fait pour sa fille, ne peut se comparer qu’à la douleur qu’elle a ressentie, en la croyant perdue pour toujours. J’avoue que j’ai mis quelque malignité dans les expressions dont je me suis servie devant madame de Gercourt, en plaidant la cause de Caroline. J’ai facilement persuadé à sa mère qu’elle n’avait été entraînée à sa faute que par la séduction la plus dangereuse ; et j’ai dit en regardant madame de Gercourt : peut-être eût-on évité cet éclat, si la malheureuse coupable se fût confiée à une indulgente amie, dont les sages conseils l’eussent empêchée de prendre un parti désespéré. À ces mots je l’ai vue pâlir, et sa confusion m’a fait pitié. Je me suis bien promis de ne pas l’augmenter, et de garder le plus profond silence sur les calomnies qu’elle a répandues sur mon compte. Sa méchanceté ne peut plus nuire qu’à moi, et j’ai trop d’armes contre elle pour m’en inquiéter.

Adieu, ma Juliette, j’ai tant écrit que mes yeux en sont fatigués.