Page:Nichault - Le Faux Frère.pdf/216

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sation était animée ; elle avait cherché à la maintenir pour que l’on s’aperçût moins de l’absence de sa fille, ce qui n’empêcha point M. de Rosac de se récrier, en voyant arriver Céline, sur la manière cruelle dont elle les abandonnait ce soir-là.

— Eh bien, vous avez tort, ajouta-t-il, car nous sommes aujourd’hui beaucoup moins ennuyeux qu’à l’ordinaire. Madame votre mère nous a fait l’aveu qu’elle aimait les histoires de revenants ; le marquis en sait d’admirables ; il faut qu’il en raconte une pour vous, et la plus effrayante, car c’est la beauté du genre. Voilà justement la lune qui paraît, ne demandons point d’autres lumières et faisons silence.

Alors M. de Boisvilliers commença un récit que Céline n’écouta point ; seulement, lorsqu’il fut arrivé à ces mots : Ils furent contraints de se séparer.

— Qui ? interrompit-elle, sans penser à ce que cette question avait d’extraordinaire.

— Qui ?

— Qui ? mais ces pauvres amants, continua le marquis. Le père de la châtelaine, vieillard ambitieux et vindicatif, ne pardonnait pas à un simple chevalier d’oser plaire à sa fille, et comptant sur l’absence pour triompher de leur amour, il venait d’ordonner le départ d’Arthur