Page:Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra (trad. Albert, 1903).djvu/177

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Car déjà l’aurore monte, ardente, — son amour pour la terre approche ! Tout amour de soleil est innocence et désir de créateur.

Regardez donc comme l’aurore passe impatiente sur la mer ! Ne sentez-vous pas la soif et la chaude haleine de son amour ?

Elle veut aspirer la mer, et boire ses profondeurs : et le désir de la mer s’élève avec ses mille mamelles.

Car la mer veut être baisée et aspirée par le soleil ; elle veut devenir air et hauteur et sentier de lumière, et lumière elle-même !

En vérité, pareil au soleil, j’aime la vie et toutes les mers profondes.

Et ceci est pour moi la connaissance : tout ce qui est profond doit monter — à ma hauteur ! —

Ainsi parlait Zarathoustra.



DES SAVANTS


Tandis que j’étais endormi, une brebis s’est mise à brouter la couronne de lierre qui ornait ma tête, — et en mangeant elle disait : « Zarathoustra n’est plus un savant. »

Après quoi, elle s’en alla, dédaigneuse et fière. Voilà ce qu’un enfant m’a raconté.

J’aime à être étendu, là ou jouent les enfants, le