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AURORE

leurs actes seront régis par le poivre et par la contradiction, ou par la lassitude universelle ! (Les classes riches, en Angleterre, ont besoin de leur christianisme pour pouvoir supporter leur mauvaise digestion et leurs maux de tête.) En fin de compte, pour dire non seulement tout ce que cela a de dégoûtant, mais encore ce qu’il y a là de joyeux, ces hommes ne sont nullement des viveurs ; notre siècle et sa façon d’activité sont plus puissants sur les extrémités que sur le ventre. Que veulent donc alors ces repas ? — Ils représentent ! Quoi donc, bon Dieu ? Le rang ? — Non, l’argent : on n’a plus de rang ! On est « individu » ! Mais, l’argent c’est la puissance, la gloire, la prééminence, la dignité, l’influence ; l’argent crée maintenant pour un homme le grand ou le petit préjugé, selon qu’il en a ! Personne ne voudrait le mettre sous un boisseau, personne ne voudrait l’étaler sur la table ; il faut donc que l’argent ait un représentant que l’on puisse mettre sur la table : voyez nos repas ! —

204.

Danaé et le dieu en or. — D’où vient cette excessive impatience qui fait maintenant de l’homme un criminel, dans des situations qui expliqueraient plutôt le penchant contraire. Car, si celui-ci pèse à faux poids, si cet autre allume sa maison après l’avoir assurée au-dessus de sa valeur, si cet autre encore contribue à frapper de la fausse monnaie, si les trois quarts de la haute société s’adonnent à une fraude permise et se chargent la conscience