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AURORE

nuit et dans la demi-obscurité des sombres forêts et des cavernes que l’oreille, organe de la crainte, a pu se développer aussi abondamment qu’elle a fait grâce à la façon de vivre de l’époque craintive, c’est-à-dire de la plus longue époque humaine qu’il y ait eu : lorsqu’il fait clair, l’oreille est beaucoup moins nécessaire. De là le caractère de la musique, un art de la nuit et de la demi-obscurité.

251.

D’une façon stoïque. — Il y a une sérénité particulière chez le stoïcien lorsqu’il se sent à l’étroit dans le cérémonial qu’il a lui-même prescrit à ses actions ; il se considère comme dominateur.

252.

Que l’on considère ! — Celui que l’on punit n’est plus celui qui a commis l’action. Il est toujours le bouc émissaire.

253.

Évidence. — C’est triste à dire, mais il y a une chose qu’il faut démontrer avec le plus de rigueur et d’opiniâtreté, c’est l’évidence. Car la plupart des gens manquent d’yeux pour la voir. Mais cette démonstration est si ennuyeuse !

254.

Ceux qui anticipent. — Ce qui distingue les na-