Page:Nietzsche - Aurore.djvu/365

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
365
AURORE

d’autres est nécessaire, amèrement nécessaire !

489.

Amis dans la misère. — Il nous arrive parfois de remarquer qu’un de nos amis s’accorde mieux avec un autre de nos amis qu’avec nous-mêmes, que sa délicatesse se tourmente de ce choix à faire et que son égoïsme n’est pas à la hauteur de cette décision : alors il nous faut lui faciliter la séparation et l’offenser pour l’éloigner de nous. — Cela est également nécessaire lorsque nous passons à une façon de penser qui lui serait néfaste : il faut que notre affection pour lui nous pousse à lui créer, par une injustice que nous prenons sur nous, une bonne conscience qui lui permette de se séparer de nous.

490.

Les petites vérités. — « Vous connaissez tout cela, mais vous ne l’avez jamais vécu, — je n’accepte pas votre témoignage. Les « petites vérités » ! — elles vous semblent petites parce que vous ne les avez pas payées avec votre sang ! » — « Mais seraient-elles donc grandes, pour la raison que l’on a payé trop cher pour elles ? Et le sang est toujours trop cher ! » — « Croyez-vous ?… Comme vous êtes avare de votre sang ! »

491.

À cause de cela la solitude ! — A : Tu veux donc retourner dans ton désert ? — B : Je ne suis pas leste, il faut que je m’attende moi-même, — il