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LA NAISSANCE DU PRINTEMPS


La terre noire se déchire
Et la primevère apparaît ;
Ainsi dans mon âme s’étire
Une fine et neuve forêt.

Printemps qui luttes et qui rêves,
Dieu favori de l’Univers
Tu prends mon cœur et le soulèves
Jusqu’au faite des arbres verts !

Tu portes mon cœur sur les branches,
Tu le joins aux gluants bourgeons,
Tu le mets sous les ailes blanches
Des bruyants, des flottants pigeons.

Tu m’emplis d’une extase sainte
Plus fraîche et vive que l’amour,
Et je suis la jeune jacinthe
Éblouie au lever du jour !