Page:Noailles - Les Vivants et les Morts, 1913.djvu/218

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BONTE DE L’UNIVERS QUE JE CROYAIS ETEINTE…

Bonté de l’univers que je croyais éteinte,
Tant vous aviez déçu la plus fidèle ardeur,
Je ressens aujourd’hui vos suaves atteintes ;
Ma main touche, au jardin succulent de moiteur,
Le sucre indigo des jacinthes !

Les oiseaux étourdis, au vol brusque ou glissant,
Dans le bleuâtre éther qu’emplit un chaud vertige,
D’un gosier tout enduit du suc laiteux des tiges
Font jaillir, comme un lis, leurs cris rafraîchissants !

— Et, bien que le beau jour soit loin de la soirée,
Bien qu’encor le soleil étende sur les murs
Sa nappe de safran éclatante et moirée,
Déjà la molle lune, au contour pâle et pur,
Comme un soupir figé rêve au fond de l’azur…