Page:Noailles - Les Vivants et les Morts, 1913.djvu/301

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Le vent bleu, sur la pierre blanche,
De ses beaux bras audacieux
Trempés dans le parfum des branches,
Etale ton nom sous les cieux !

La musique glissante ou vive
Baigne et soulève tes pipeaux
Comme un fleuve franchit sa rive
Et s’étend parmi les roseaux…

— Ainsi nous recherchions l’Histoire,
L’Hellade avec ses temples roux,
Quand c’est toi, la Nef, la Victoire,
Et le Grec béni de chez nous !

Et Chloé, fille de Sicile,
Retrouve en toi le sol natal ;
Son miroir, sa lampe d’argile,
Elle les consacre à Mistral,

Heureuse, après un si long somme,
De voir, dans l’azur et le vent,
Que Daphnis, le plus beau des hommes,
A pris l’éclat d’un dieu vivant…