Page:Noailles - Les Vivants et les Morts, 1913.djvu/322

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AINSI LES JOURS LEGERS…

Ainsi les jours légers, et qui te ressemblaient
Par la coloration chaleureuse des heures,
Ont de toi fait un mort, la nuit, dans ta demeure,
Et l’aube, lentement, a blanchi tes volets…

Et tu fus là, dormant, à jamais insensible,
Laissant monter sur ceux que tu privais de toi
Ces grands fardeaux du temps aux contours inflexibles ;
J’ai l’âge de ce jour où je t’ai vu sans voix :

Sans regard et sans voix, achevant ma jeunesse
Par ce spectacle affreux de faiblesse et de paix,
Que mes yeux arrêtés puisaient avec détresse
Sur ton front assombri, si pauvre et si parfait.