Page:Normand - À tire-d’aile, 1878.djvu/108

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Sœurs d’humanité nous traitant en frères :
Qui pourrait ne pas se laisser charmer,
Ne pas vous bénir, ne pas vous aimer ?

Mais quand vous voulez, parlant d’esclavage,
Secouer un joug qui n’est qu’un lien :
Quand l’homme est pour vous, au lieu d’un soutien,
Un vil serviteur marqué pour l’outrage,
Qu’on peut torturer, dût-il en mourir :
Ah ! du fond du cœur il faut vous haïr !

Et pourtant voyez ! quoi qu’on fasse ou die,
Vos charmes sur nous ont un tel pouvoir,
Que près d’un œil bleu comme d’un œil noir
Tout courroux s’en va, tout chagrin s’oublie :
Un regard suffit pour nous désarmer
Et voulant haïr, nous devons aimer !