Page:Normand - Pensées de toutes les couleurs, Calmann-Lévy.djvu/220

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Ce soir, Musset a été au Théâtre-Français. Il n’y était pas « seul ». La salle était comble. On jouait, non pas « du Molière », mais une pièce de la nouvelle école, une pièce « express ». La représentation terminée, il est entré au Café de la Régence, a demandé de quoi écrire, et, n’ayant guère apprécié le spectacle, a commencé une seconde Soirée perdue, mais sans jeune fille « au cou blanc, délicat ». Il n’aurait pu la « suivre » jusque chez elle, d’ailleurs. Les jeunes filles ne reviennent guère à pied du théâtre, aujourd’hui…

Rentré peu après, à petits pas, dans son appartement de la rue du Mont-Thabor, auquel il est resté toujours fidèle, Musset, avant de se coucher, prend un verre de lait sucré bien chaud, comme il a coutume de le faire chaque soir, ayant, depuis belle lurette, renoncé à Satan, à l’alcool et à ses pompes.