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notre france

Le Havre ; plus tard, ils ouvrirent la frontière de l’est aux Allemands. Les papistes appelèrent Philippe ii et cherchèrent à porter au trône un prince espagnol. « La royauté subit la même éclipse que l’idée de patrie » et contre elle, on commença « à formuler des théories républicaines ». (Rambaud). Le chancelier Michel de l’Hospital, après s’être épuisé en efforts pour établir la notion de la liberté de conscience, mourut de chagrin après l’odieuse journée de la Saint-Barthélemy (1572), mais l’esprit qu’il incarnait ne mourut point. Henri iv (1589-1610) allait en être l’illustre représentant. Longtemps égaré, l’esprit public, reconnaissant en ce prince l’héritier des saines traditions nationales, groupa autour de lui des partisans de plus en plus nombreux et dévoués. On a justement considéré l’Édit de Nantes (1598) comme l’acte par lequel « la France, devançant les autres peuples chrétiens, entrait dans les voies de la société nouvelle qui sépare l’Église d’avec l’État, le devoir social des choses de la conscience et le croyant du citoyen » (Aug. Thierry). C’était la paix religieuse après quarante années de luttes sanglantes et stériles.

La monarchie absolue (1624-1774)

La période à laquelle nous sommes parvenus prend son point de départ naturel à l’accession au pouvoir du cardinal de Richelieu. La monarchie absolue, Richelieu l’organisa (1624-1642) ; Louis xiv, au cours de son long règne (1643-1715), en porta le système à l’apogée ; Louis xv