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système des nudités gazées que dans les quarantes années précédentes. »

Sous un mince et léger costume
Elle cherchait des compliments
Et revenait avec un rhume.

dit un poète contemporain.

« En dépit du froid, les courageuses françaises allaient à la promenade les bras à peine couverts, la gorge entr'ou-verte... elles bravaient la camarde pour le plaisir et la galanterie. »

Nos jeunes femmes, écrit Mme de Genlis dans une critique de la toilette des « Merveilleuses, » au Longchamp de 1797, ne veulent plus porter maintenant qu'une simple mousseline bien claire et sans apprêt. Avant tout, les vêtements d'aujourd'hui doivent ressembler à du linge mouillé, afin de coller plus parfaitement sur la peau. J'espère qu'incessamment elles se montreront en sortant, du bain, afin de dessiner encore mieux les formes.

« Les femmes, dit Mercier, l'auteur du Tableau de Paris, ont adopté le costume grec, les bras nus, le sein découvert, les pieds chaussés avec des sandales. « Il y a longtemps que la chemise est bannie, car elle ne sert qu'à gâter les contours de la nature ; d'ailleurs c'est un attirail incommode et le corset de tricot de soie couleur de chair qui colle sur la taille ne laisse plus deviner mais apercevoir tous les charmes secrets. »

La mode des « Sans Chemise » fut il est vrai de courte durée, car Mme Hamelin fit bientôt annoncer par un journal qu'elle s'était décidée à remettre ses chemises.

Les femmes du Directoire n'avaient, il faut bien le dire, aucune des délicatesses et des grâces alanguies que nous leur prêtons par mirage d'imagination, aucun de ces charmes amenuisés et anémiés, qui constituèrent, par la suite, ce qu'on nomma la distinction. Presque toutes furent des luronnes, des gaillardes masculinisées, fortes sur le propos, à l'embonpoint débordant, véritables tétonnières, à gros appétit, à gourmandise gloutonne, dominées exclusivement par leur sens, bien qu'elles affectassent des pâmoisons soudaines ou de mensongères migraines. Il fallait les voir après le concert se ruer au souper, dévorer dinde, perdrix froide, truffes et pâtés d'anchois par bouchées démesurées, boire vins et liqueurs, manger, en un mot, selon un pamphlétaire, pour le rentier, pour le soldat, pour le commis, pour chaque employé de la République. Ne leur fallait-il point se faire un coffre solide pour résister au fluxions de poitrine qui guettaient à la. sortie