Page:Oeuvres de Camille Desmoulins - Tome 1.djvu/102

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
— 96 —

bataille avait recommencé. Mais les divers groupes de la Montagne n'y donnaient pas tous avec le mèise acharnement.

Danton, l'esprit large et conciliant, voyait qu'un déchirement serait fatal à la République, et s'employait sincèrement à le nrévenir.

Robespierre, l'homme de la rancune inexorable, poursuivait la Gironde avec une ténacité inflexible.

Camille, qui aimait Danton, mais qui était gous la main de l'autre, dut hésiter entre la stratégie de rapprochement que suivait le premier, et la politique de Robespierre, le duel à outrance et sans merci. Je penserais même que la nature de son tempérament l'inclinait vers la conciliation ; mais il subissait l'influence de l'homme auquel il ressemblait si peu, et je crois qu'il le craignait plus qu'il ne l'aimait.

Dans ce combat intérieur, Robespierre l'emporta, et Camille mit sa plume lucide à la suite de la parole si souvent énigmatique de son maître.

Robespierre suivait contre la Gironde un système d'imputations indéterminées, d'inductions indéfinies et, nous pouvons le dire aujourd'hui, d'insinuations calomnieuses. C'est avec cet échafaudage que Camille bâtit son Histoire des Brissotins.

Il n'apporta point de preuves à l'appui des incriminations de Robespierre, mais il en-