Page:Oeuvres de Camille Desmoulins - Tome 1.djvu/231

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
— 33 —

ces enragés, ces hordes de brigands qui désolent et pillent les provinces. Non, ce n’est point le peuple qui commet tant de brigandage, ce n’est point le peuple que j’ai vu rapporter avec tant de fidélité l’or et les bijoux de Flesselles, Delaunay, Foulon, Berthier ; ce ne peut pas être ce même peuple qui, à Paris, faisait justice si prompte et si exemplaire des filous pris sur le fait, et qui, à Versailles, vient d’arracher au supplice un parricide. Mais il est des brigands soudoyés par un parti, des hommes sans asile, la lie des hommes qu’on a versés sur la France[1]. Plusieurs se promènent dans nos villes ; ils se mêlent dans les groupes de citoyens ; ils font presse au Palais-Royal Ce sont eux qui ont bien osé demander la tête de M. de la Fayette et de M. Bailly.

« Il est clair, remarque très bien le Courrier

  1. Au commencement des troubles, la ville de Lyon se trouva remplie tout à coup d’une foule d’étrangers aussi déchaussés que les Carmes, dont le derrière n’était couvert que d’une méchante veste, et dont les figures n’étaient rien moins que prévenantes. Justement effrayés des désordres qu’ils commettaient, et dont on ne pouvait prévoir le terme, les bourgeois ayant pris les armes et fait feu sur cette multitude, parmi cent prisonniers, quelle fut leur surprise de trouver les épaules de quatre-vingt-seize chargées de symboles et d’hiéroglyphes ! Les dos de cette troupe, rangés a l’hôtel de ville, offraient l’image du cabinet des médailles, et écussons de toutes les puissances de l’Europe.
    (Note de Desmoulins.)