Page:Olympe Audouard Conference M Barbey-d'Aurévilly 1870.djvu/19

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dire est impie, car il réduit à néant le passage des livres saints qui affirme que Josué arrêta le soleil.

Ce fut en vain que Galilée essaya de convaincre son auditoire ; ils fermaient les yeux pour ne pas voir et se bou­chaient les oreilles pour ne pas entendre.

Vieux, affaibli, Galilée préféra se rétracter, mais la terre n’en tourna pas moins, au grand scandale de la sainte inquisition. Si Mme Sand, philosophe, voulant sui­vre les traces de M. d’Aurévilly, s’avisait un jour d’écrire, elle aussi : « chrétienne jusqu’à l’an de grâce 1870, au­jourd’hui je suis catholique. » Dès ce jour, M. Barbey-d’Aurévilly reconnaîtrait son génie, qui certes est aussi incontestable que le mouvement de rotation de la terre. Que dire maintenant de la sévérité de ce fougueux critique pour les femmes-auteurs, qui ne sont ni philosophes comme Mme Sand, ni catholiques comme Mme de Staël, mais qui ont tout simplement de la bonne volonté et de l’honnêteté littéraire.

Voilà ce qu’à propos des bas-bleus du xixe siècle, M. Barbey-d’Aurévilly trouve à dire : « Les insolences féminines de ces temps-ci, qui se croient des forces, et qui se mettent des talons à leur amour-propre, comme elles en mettent à leurs bottine, veulent se jucher jusqu’au front des hommes et les égaler en hauteur. »

Autre part il ajoute :

« Aujourd’hui les femmes qui se mêlent d’écrire se donnent des airs d’homme, si prodigieusement ridicules que c’est à nous faire prendre les jupons à nous autres pour ne pas leur ressembler. »