Page:Orsier - Henri Cornelius Agrippa.djvu/72

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j’ai erré à droite et à gauche, et, de l’année entière peut-être, je ne me fixerai pas à Paris. Sachez que je ne possède rien qui ne soit à vous, puisque vous avez mon âme. Adieu, homme que je dois entourer de ma plus vive amitié.


XVI
Claude Dieudonné[1] à Agrippa.

Annecy, 26 juin 1521.

Savant docteur, la nouvelle, quoique tardive, de votre séjour dans Genève m’a comblé de joie. Elle me donne, en effet, l’espérance de revoir un ami tant regretté et de pouvoir jouir encore de ses doctes et sages entretiens. Oui, je l’affirme avec force, jamais amitié ne m’a été plus douce que la vôtre, illustre Agrippa. Que ne puis-je passer toute ma vie avec vous ! La chose m’est impossible ; mais il me reste du moins le plaisir si grand encore de vous entretenir par correspondance. Comment allez-vous ? Quelles sont vos occupations présentes ? Qu’avez-vous fait ces derniers temps ? Avez-vous reçu la lettre que je vous ai écrite peu après notre séparation ? Dites-moi si la seconde édition du Nouveau Testament d’Érasme est certainement imprimée. J’ai écrit aux libraires de Lyon de me l’envoyer, à n’importe quel prix. Où en est Luther ? Sa traduction des Psaumes est-elle achevée ? Je le désire ardemment.

Adieu, très docte ami. Votre serviteur.


XVII
Claude Dieudonné à Agrippa.

Annecy, 10 septembre 1521.

On ne saurait dire, très savant et très illustre Agrippa, combien votre honneur m’intéresse, combien je me réjouis de votre gloire, combien surtout j’admire votre érudition « qui doit couler beaucoup de l’abondance du cœur et non simplement du bout des lèvres », pour me servir des paroles de ce Nazianze[2] dont les écrits sont pour beaucoup, et surtout pour moi, de l’or presque pur.

  1. Le Père Dieudonné avait passé de Metz, où il fut réprimandé pour ses relations avec Agrippa, au couvent des Célestins d’Annecy, en Savoie (voir note 2, p.66).
  2. Saint Grégoire de Nazianze, père de l’église grecque (328-389).