Page:Ovide - Œuvres complètes, Nisard, 1850.djvu/533

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les métamorphoses

cée par la fronde. Il prend une forme divine, plus digne des banquets célestes, la forme de Quirinus revêtu de la trabée.

L’épouse de Romulus pleurait sa perte ; Junon ordonne à Iris de descendre auprès d’Hersilie, et de lui tenir ce discours : « Ô toi, l’honneur et l’ornement des femmes romaines et des Sabines ! digne d’avoir été l’épouse d’un héros, d’être aujourd’hui celle de Quirinus, cesse de pleurer ; et, si tu veux voir ton époux, viens avec moi dans la forêt sacrée qui verdit sur le mont Quirinal, et qui ombrage le temple du roi des Romains ». Iris obéit ; de son arc aux brillantes couleurs, elle se laisse glisser sur la terre. Elle adresse à Hersilie les paroles de Junon. Hersilie ose à peine lever les yeux sur la divine messagère. « Ô déesse, lui dit-elle, ton nom m’est inconnu ; mais, je le sens, tu es une immortelle. Viens ! oh ! viens ; conduis-moi au-près de mon époux ; que les destins me donnent une seule fois le bonheur de le voir, et je n’envierai pas le bonheur des dieux ». Aussitôt Hersilie est conduite par Iris sur le mont Quirinal ; là, une étoile détachée du ciel vient tomber sur la terre ; sa lumière inonde les cheveux d’Hersilie, et l’épouse de Romulus disparaît avec l’astre. Le fondateur de Rome l’a reçue de nouveau dans ses bras. Elle perd à la fois et son enveloppe mortelle et son nom : on l’appelle Hora, et on l’adore aujourd’hui dans le même temple que Quirinus.