Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/197

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roles et que j’ai honte de mon rôle d’écrivassier, d’ailleurs si mal soutenu ! Je pense toujours partir du 25 de ce mois au 5 du mois prochain, sans pouvoir rien décider encore parce que mon frère est absent. Quand je serai à Paris, il faudra me mettre dans mes meubles. Vous devez être dans la même nécessité. Ne pourrionsnous pas louer un petit appartement ensemble ? Attendez-moi pour cela, si cela vous est possible. La solitude serait fatale à mon repos mon imagination me dévore. Seul, il me semble toujours que quelque démon soit à mon côte. Avec des amis chrétiens, je sens aussitôt l’accomplissement de la promesse de celui qui s’est engagé à se trouver partout où l’on se rassemblerait en son nom. Nous vivrions comme deux frères ; je vous prierais de mortifier mon amour-propre indomptable ; nous tacherions ensemble de devenir meilleurs. Nous combinerions nos œuvres de charité, nous mûririons nos projets de travail nous nous ferions courage dans nos abattements, nous nous consolerions dans nos tristesses mais je vois que je fais encore de l’égoïsme. Adieu.