Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/20

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transmettre le dépôt des traditions à ceux qui survivraient, comme l’arche surnageait à travers les eaux emportant avec elle-les pères du genre humain. Mais cette pierre d’attente, cette colonne de traditions, cette barque de salut, où la chercher ? Parmi toutes les idées de l’antiquité, où déterrer les seules vraies, les seules légitimes ? Par où commencer, par où finir ?

Ici je m’arrête et je réfléchis le premier besoin de l’homme, le premier besoin de la société, ce sont les idées religieuses le cœur a soif de l’infini. D’ailleurs, s’il est un Dieu, et s’il est des hommes, il faut entre eux des rapports. Donc une religion ; par conséquent, une révélation primitive ; par conséquent encore, il est une religion primitive, antique d’origine, essentiellement divine, et par là même essentiellement vraie.

C’est cet héritage, transmis d’en haut au premier homme et du premier homme à ses descendants, que je suis pressé de rechercher. Je m’en vals donc à travers les réglons et les siècles, remuant la —poussière de tous les tombeaux, fouillant les débris de tous les temples, exhumant tous les mythes, depuis les sauvages de Koock, jusqu’à l’Égypte de Sésostris ; depuis les Indiens de Vishnou, jusqu’aux Scandinaves d’Odin. J’examine les traditions de chaque peuple, je m’en demande la raison, l’origine, et, aidé des lumières de la géogra--