Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/21

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phie et de l’histoire, je reconnais dans toute religion deux éléments bien distincts un élément variable, particulier, secondaire, qui a son origine dans les circonstances de temps et de lieu dans lesquelles chaque peuple s’est trouvé, et un élément immuable, universel, primitif, inexplicable à l’histoire et à la géographie. Et comme cet élément se retrouve dans toutes les croyances religieuses et apparaît d’autant plus entier, d’autant plus pur qu’on remonte à des temps plus antiques, j’en conclus que c’est lui seul qui régna dans les premiers jours, et qui constitue la religion primitive. J’en conclus, par conséquent, que la vérité religieuse est celle qui, répandue sur toute la terre, s’est retrouvée chez toutes les nations, transmise par le premier homme à sa postérité, puis corrompue, mêlée à toutes les fables et à toutes les erreurs. Voilà le besoin que je sentais dans la société ; en moi-même, j’en sentais un tout à fait analogue ; il me fallait quelque chose de solide ou je pusse m’attacher et prendre racine pour résister au torrent du doute. Et alors, ô mes amis ! mon âme est remplie de joie et de consolation :car voilà que, par les forces de sa raison, elle a retrouvé précisément ce catholicisme qui me fut jadis enseigné par la bouche d’une excellente mère, qui fut si chère à mon enfance, et qui nourrit si souvent mon esprit et mon cœur de ses beaux souvenirs et de ses espérances plus belles encore : le catholicisme avec