Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/220

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XXXVIII
À M. L...
Lyon, 5 novembre 1836.

Mon cher ami,

Mardi soir j’avais commencé à vous écrire. C’était le jour solennel de la communion des Saints. Peut-être, et la supposition n’est point injurieuse, peut-être est-ce pour cela que, par un singulier échange, au moment où je terminais la première page de ma lettre, il m’en arrivait une de vous. Ainsi vos pensées venaient tout à point pour s’entretenir avec les miennes, comme dans ces soirées des dimanches où nous nous rencontrions chez du Lac ou de la Perrière. Mais jamais une cloche ne répondit à une autre cloche sur un ton si différent que votre épître la bienvenue, à la mienne inachevée. Encore tout préoccupé des nouvelles un peu tristes que la Perrière avait reçues de vous, je plaignais et je blâmais en même temps votre mélancolie et je m’étais livré sur ce sujet à de longues considérations qui se ressentaient, je le soupçonne, du prône de M. le curé sur l’évangile du