Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/224

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vez-les comme une sorte d’aveu qui sollicite des conseils, des exhortations amicales, des reproches au besoin.

Ne croyez point toutefois que ces fâcheuses préoccupations remplissent toutes mes heures les heures se sont écoulées pour moi douces et variées depuis quelque temps. J’ai fait avec mon frère aîné deux charmants petits voyages, l’un à Saint-Étienne où j’ai vu des miracles d’industrie, l’autre en Maconnais et en Beaujolais où j’ai trouvé l’hospitalité de M. de Maubout, la société de M. de Lamartine, une belle nature d’automne, des populations étonnantes par leur fidélité à la foi et aux pratiques religieuses. J’ai travaillé un peu à l’organisation de notre petite conférence de Saint-Vincent de Paul. J’ai ramené ma mère de la campagne ; mais en revanche j’ai vu partir mon frère aîné pour ses missions, mon petit frère pour sa pension. Il se peut qu’à Joigny vous ayez encore à apprendre de moi deux événements littéraires, qui sans doute sont déjà vieux à Paris, mais qui laissent chez moi une durable amertume je veux parler de la mise à l’index de Jocelyn, et de l’apparition du nouvel ouvrage de M. de la Mennais. Rome fait preuve de courage en frappant le premier, et elle ne craint guère le second elle n’a pas peur du génie, parce qu’elle a ponr elle plus que le génie, l’Esprit-Saint qui l’inspire toujours. Mais il est douloureux de voir le génie déserter solennellement, et passer transfuge