Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/229

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deviner les impressions de l’heure présente et de mettre les cœurs en rapport et les discours en harmonie. Je pense donc qu’au moment où te parviendront ces lignes tu seras encore sous l’influence durable du beau voyage que tu viens de faire à travers l’Ombrie. C’est bien, si je ne me trompe, une des plus admirables contrées de l’admirable Italie. La majesté des grandes montagnes couronnant de douces et riantes vallées. Les climats contraires disposés comme en amphithéâtre pour donner place à toutes les richesses de la végétation, depuis le pin et le chêne jusqu’à l’oranger et l’aloès. Les cités assises ou suspendues çà et là dans des attitudes superbes et chaque cité, chaque colline, chaque ruisseau, chaque pierre où le pied se pose, remplis de souvenirs. Spolète dont les humbles portes se fermèrent devant Annibal, tandis que celles de Capoue s’ouvraient au seul bruit de ses pas ; et le lac Trasimène où deux peuples géants se portèrent des coups si terribles, que durant le combat un tremblement de terre renversa des villes et ne fut pas senti Orvieto et ses antiquités étrusques, héritage d’une civilisation morte sans avoir laissé d’histoire le lac désolé de Bolsena et l’île où une reine mourut de faim. Et puis les traditions chrétiennes qui ont purifié, embaumé tous ces lieux. Ici le miracle de Bolsena éternisé par Raphaël ailleurs la merveilleuse légende de sainte Marguerite de Cor-