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XLI
À M.X.
Lyon, 9 mars 1837.


Cher ami,

Je ne suis point trop content de moi, et cependant je trouve en moi une chose, une seule chose qui ne me déplaît pas c’est le besoin d’aimer d’avoir, de conserver des frères qui m’aiment. Surtout lorsque l’amitié s’est formée pour ainsi dire d’elle-même, par un concours de circonstances imprévues, par la volonté de Dieu, qui s’est servie de ces circonstances pour rapprocher deux hommes, alors cette amitié me semble plus précieuse encore et en quelque sorte sacrée. Telle est celle qui s’est formée entre nous il y a six ans et que le temps et la distance n’ont pas diminuée, n’est-ce pas ? Il faut cependant convenir que l’amitié, étant une harmonie entre les âmes, ne saurait subsister dans un éloignement prolongé, si elles ne se don-