Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/256

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à signer un ordre d’élargissement qu’il emporte, courant bride abattue vers Bourg. Par malheur, Chamont était sur la route, il passe devant la maison de sa mère comment ne pas lui dire que son père est sauvé Mais il perd un moment. Le comité, revenu de sa frayeur, le fait poursuivre, et l’ordre de l’arrêter lui-même le devance. H ne peut plus que s’enfuir ventre à terre jusqu’à son régiment, où, dans ces temps de désordre, on ne s’était pas aperçu de son absence. Jeune, riche, fort agréable de sa personne, aimable, spirituel, aimant le monde et d’une intarissable gaieté, Jean-Antoine quitta le service à l’avénement de l’empire, et se maria à Lyon à Marie Nantas, fille d’un riche et honorable négociant. Il vint s’établir à Paris ; là, ayant, par bonté et imprudence, donné sa signature pour un parent, il perdit toute sa fortune.

L’empereur, qui ne l’avait pas oublié et qui formait à ce moment un régiment de gardes du corps, lui envoya avec de vives instances un brevet de capitaine ; mais Jean-Antoine refusa cette offre. La fermeté de son caractère ne se laissa pas abattre par la pauvreté ; il partit pour Milan avec sa jeune famille, et, tout en donnant des leçons, il étudia la médecine, et s’en allait a pied à Pavie passer ses examens. Il lui suffit de deux ans pour devenir médecin, et médecin distingué. Il écrivit en italien, contre la doctrine de Rasori, un livre qui eut deux éditions et qui n’est point oublié, et entretint une correspondance scientifique avec le savant comte Moscati, avec Locatelli et Scarpa. Lorsqu’en 1813 le typhus fit des ravages effroyables Milan, Jean-Antoine Ozanam alla s’établir dans l’hôpital militaire, dont les deux médecins venaient de succomber, et, seul, y soigna trois cents malades jusqu’à la fin du danger. L’empereur lui envoya à cette occasion la décoration de la Couronne de fer. Ce fut le 23 avril de cette même année que naquit son fils Frédéric. Le docteur Ozanam revint à Lyon en 1816, ne voulant ni vivre ni élever ses fils sous la domination autrichienne Sa réputation d’homme de bien l’y suivit. Peu après il était nommé, au concours, médecin de l’Hôtel-Dieu, aimé, estimé