Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/255

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Ce fut pendant une absence qu’Ozanam eut le malheur de perdre son père ; il était parti à Pâques pour Paris, afin d’y préparer ses thèses de doctorat. Mais il fut rappelé par la plus terrible nouvelle son père avait fait une chute qui devait être mortelle ; il arriva trop tard et ne le revit pas. Il en eut une profonde douleur et conserva religieusement souvenir de tout ce qu’il devait à ce père excellent que nous voudrions faire connaître au lecteur.

Jean-Antoine-François Ozanam, né à Chatamont, le 9 juillet 1775, était fils de Benoit Ozanam, l’un des douze châtelains des Dombes, et d’Elisabeth Baudin, descendante de la famille de la Condamine et de l’ancienne maison de Saillans, dont le dernier périt, en 1793, à la tête de vingt mille hommes, dans le mouvement royaliste du camp de Jalès. Il était petit-neveu de Jacques Ozanam, le célèbre mathématicien, membre de l’Académie des sciences, et auteur d’un grand nombre d’ouvrages.

Jean-Antoine fit de fortes études classiques au collége des Oratoriens de Lyon, et il en conserva le goût des lettres qu’il sut plus tard inspirer a ses fils. Et 1795 il entra comme soldat dans le régiment des hussards de Berchiny Après avoir assista aux batailles de Millesimo, Mondovi, Pavie, Lodi, Castiglione, Arcole, Rivoli, il arriva en cinq ans au grade de capitaine. Doué d’un rare courage, il reçut cinq blessures, fut envoyé comme parlementaire près du générât Souwarow, dont il obtint tout ce qu’il était chargé de demander, et se fit distinguer par la prise de la personne du général napolitain le prince de la Cattolica, qu’il emmena prisonnier Bologne, et par la prise de l’étendard des hulans de Krazinsky, qu’il présenta a Bonaparte.

On raconte de lui ce trait d’une incroyable intrépidité : campé dans le Dauphiné pendant les plus tristes jours de la Terreur, il apprend que son père est arrêté et conduit dans les prisons de Bourg. À l’instant il monte à cheval, et, sans que rien puisse l’arrêter, il entre, deux pistolets aux poings, dans la salle où délibéraient les membre du comité révolutionnaire, les menace de leur casser la tête et les force