Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/26

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II
À M. HIPPOLYTE FORTOUL ET À M. H...
Lyon, 21 février 1831.

Mes bons amis,

A mon tour la gronderie. Vous aviez promis à ma prochaine lettre une prompte réponse ; j’ai écrit, plus d’un mois s’est écoulé et je n’ai pas encore reçu de vos nouvelles. Pourtant les mois sont aujourd’hui des siècles, les semaines sont des époques tous ces vastes spectacles doivent remuer les jeunes âmes, tout cela doit faire bouillonner les jeunes cœurs et leur donner besoin de s’épancher au dehors par de douces et familières causeries. Pourquoi donc laisser ainsi vos pauvres amis de province dans un complet dénûment d’idées et de documents ? Quant à moi, bien des choses se passent dans mon âme, et certes, si j’avais le loisir de réfléchir, j’aurais en moi-même de quoi faire un bon cours de psychologie. Lorsque mes yeux se tournent sur la société, la variété prodigieuse des événements