Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/27

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fait naître en moi les sentiments les plus divers tour à tour mon cœur est inondé de joie ou abreuvé d’amertume ; mon intelligence rêve un avenir de gloire et de honneur ou croit apercevoir dans le lointain la barbarie et la désolation approchant à grands pas. Les derniers faits surtout m’ont frappé de la consternation la plus profonde et m’ont rempli de l’indignation la plus vive. Néanmoins, ces considérations mêmes m’animent et me pénètrent d’une —sorte d’enthousiasme. Je me dis qu’il est grand, le spectacle auquel nous sommes appelés ; qu’il est beau d’assister à une époque aussi solennelle ; que la mission d’un jeune homme dans la société est aujourd’hui bien grave et bien importante. Loin de moi les pensées de découragement ! Les dangers sont un aliment pour une âme qui sent en elle-même un besoin immense et indéfini que rien ne saurait satisfaire. Je me réjouis d’être né a une époque où peut-être j’aurai à faire beaucoup de bien, et, alors je ressens une nouvelle ardeur pour le travail..

Je poursuis autant que possible mes recherches, je me prépare à mon œuvre ; car, dénué comme je le suis de ressources scientifiques, tout ce que je puis faire, c’est de me livrer à des études préliminaires. Je m’efforce d’embrasser d’un coup d’œil général le sujet où doivent un jour s’exercer toutes mes facultés je mesure la carrière, et plus je l’envisage, plus j’éprouve de satisfaction, parce que