Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/283

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rance rance je me flatte. Si je parviens a ce poste où tout le monde m’annonce la formation d’une clientèle que je ne veux pas exploiter, il ne tiendra qu’à vous devenir partager avec moi l’avantage de cette position. Dans une ville où les réputations percent plus promptement, où vous avez déjà tant d’affections et tant d’estimes acquises, vous vous trouveriez peut-être .mieux qu’a Paris.

Cette proposition est sérieuse et consciencieuse de ma part, si intéressée qu’elle puisse paraître. En présence des ruines qui se font dans la famille que la nature m’avait donnée, j’ai besoin que celle que me crée l’amitié ne m’abandonne point. J’assiste tous les jours au plus douloureux des spectacles, la décadence des forces de ma pauvre mère ; en même temps que se perd sa vue, s’affaiblit son énergie morale ; sa sensibilité semble s’augmenter en proportion avec toutes les inquiétudes, toutes les tristesses qui se peuvent concevoir dans une âme comme la sienne. Au lieu donc de trouver en elle l’appui nécessaire à mon âge et à mes premiers pas dans le monde, il faut que je la soutienne, de la parole comme du bras. Les missions continuelles de mon frère aîné m’ôtent la ressource de ses bons conseils, et peut-être les desseins de Dieu sur lui l’entraîneront-ils encore plus loin de moi. Mais c’est surtout la communication des sentiments et des idées, c’est la sympathie, l’encouragement intellectuel, l’assistance morale, ce sont les offices