Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/332

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connaître pour que j’y fasse droit. Ci-incluse est une lettre pour M. Ballanche, où je lui demande ses avis. Veuillez la remettre si vous êtes curieux de causer avec cet homme éminent.

Mon cher ami, en vous parlant de mes intérêts, je n’oublie pas les vôtres, et je me rappelle la gravité des soucis qu’accusait votre dernière lettre. Je suis singulièrement touché des épreuves auxquelles vous êtes soumis. En effet, ce sont à mon gré des épreuves bien sévères que ces incertitudes sur une question d’où la vie entière doit dépendre, et dans de semblables circonstances, l’acceptation illimitée des volontés divines doit être singulièrement méritoire. Vous êtes trop pénétré de ces bons sentiments pour que le parti que vous prendrez ne tourne pas à votre bonheur et à votre salut.

Cependant je garde l’espérance qui m’est douce, de vous voir conserver quelque temps encore votre liberté, votre activité de vous voir tarder un peu avant de vous engager à de nouveaux devoirs qui vous captiveraient aujourd’hui tout entier et ne vous laisseraient le loisir ni d’apprendre ni de faire. Sans doute elle est triste et vide, cette existence solitaire que vous menez ; mais le travail peut la remplir, et la religion la consoler. Dieu et la science, la charité et l’étude, n’est-ce donc point assez pour enchanter votre jeunesse ? Et puis, pour vous dire toute ma pensée la virginité n’est-elle une vertu que pour les filles d’Eve ? N’est-ce pas