Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/395

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mon livre. Tout en effet s’est réalisé comme j’avais voulu, et de plus la jouissance inespérée de rencontrer chemin faisant le plus grand nombre de mes anciens amis : Lallier à Sens, où nous avons passe ensemble vingt-quatre heures ; à Paris, M. Bailly, Cazalès et toute la Revue européenne, Saint-Chéron et l’Univers, Bonnetty et l’Université catholique, Montalembert enfin. Tout ce monde content et dispos, beaucoup d’activité dans la presse religieuse, de nouveaux écrivains comme Veuillot, enlevés a l’ennemi et recrutés la bonne cause, partout et en grand nombre les convertis de M. le curé Desgenettes la chaire sacrée occupée par M. Cœur, qui règne aujourd’hui, M. Bautain, le Père de Ravignan, et un abbé Marcelin bien capable, à en juger par le début, de leur tenir tête à tous un jour. Ainsi, la foi reste seule entière, au milieu du fractionnement des partis et des écoles. On comptait déjà plus de trois nuances différentes dans l’opinion légitimiste, plus de six catégories distinctes parmi les dynastiques. Voilà que se trahissent maintenant les divisions haineuses de l’opposition républicaine. D’un autre côté, les jours sont bien loin, où le Globe ralliait au rationalisme l’élite de la jeune presse, où le triumvirat Cousin, Guizot et Villemain remplissait à la Sorbonne une tribune non moins puissante que celle du Palais-Bourbon. Maintenant nul recueil, nul cours public assez hardi pour formuler une doctrine, plus de milieu pour la lit--