Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/401

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étions dignes. Mais que nous sommes loin d’une si belle vocation ! que de taches habitudes à vaincre! quelles cs idées mesquines à abdiquer ! quelle élévation et quelle pureté de caractère à acquérir pour mériter de devenir les instruments de la Providence, dans l’exécution de ses plus admirables desseins ! Mais j’oubliais la nouvelle annoncée au début de ma lettre, celle qui devait pourtant me servir d’excuse auprès de toi. Arrivé dans la capitale, style de provincial, je ne pouvais manquer de rendre mes devoirs à mon très-honoré patron M. le Ministre de l’instruction publique. Je reçus de lui le plus affable et le plus cordial accueil. Après m’avoir fait déjeuner à sa table ministérielle, il voulut bien s’informer de ma position et de mes vues ; et il m’exprima l’intention de me faire suppléer Quinet l’an prochain. Mais il a mis cette faveur à un prix dont il était naturellement le maîire. Il a demandé que je vinsse concourir à Paris au mois de septembre pour l’agrégation de littérature, institution nouvelle au succès de laquelle il tient avec une affection d’auteur. Il m’a fait répéter son invitation par plusieurs amis, puis par le recteur, puis enfin par une lettre formelle, en sorte qu’il est impossible de m’y soustraire. Et cependant la difficulté du programme hérissé des plus épineux textes grecs a déjà failli plusieurs fois me désespérer, et avec les occupations que me donne mon cours, j’ai des peines infinies à trouver le