Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/423

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Cette charpente osseuse couverte d’un manteau de verdure où se confondaient toutes les nuances, depuis le gazon frais jusqu’aux feuilles mortes, que balaye déjà l’automne. Des bois de chênes à tous moments. Une teinte plus souvent sombre, mais gaie aussi parfois ; des perspectives trompeuses, des eaux chatoyantes, quelque chose de fascinant, qui vous plaît et qui vous trouble, et semble se jouer de vous.

Alors on n’est plus étonné des récits et des dénominations attachées à ces rives. Voici le rocher du Dragon, où une vierge, germaine, Andromède chrétienne, un crucifix à la main, confondit le serpent infernal auquel ses idolâtres compatriotes l’avaient exposée; en face s’élève la pierre angulaire de Roland le héros y vint pleurer sa fiancée et mourir. Xanten, que nous avons laissée bien audessous de Cologne, était la patrie de Siegfried Chriemhild grandissait à Worms à l’ombre de ses frères. Les Nibelungen, l’épopée Carlovingienne et le Cycle du Saint-Graal sont là face à face. Des mythes plus anciens ont peuplé d’Elfes et de Nains; la colline de Lurley et les cavernes de Kedrich. Mais au-dessus du mythe et de la tradition populaire dominent les graves réalités de l’histoire. Ici s’élevait le Kœnigs-Stuhl, sur les confins des trois grands Electorals ecclésiastiques et du Palatinat, rendez-vous des Électeurs de l’Empire aux jours de calamité plus menaçante ou de délibération solennelle.