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IX
FRÉDÉRIC OZANAM À M. ERNEST FALCONNET.


Paris, 18 décembre 1831.

Ce plaisir que tu trouves à m’écrire, à me conter tes sentiments, tes pensées, tes rêves, tu penses bien que je le partage ; et tu serais souvent assailli de mes lettres, si de nombreuses occupations ne venaient me lier les mains. Aujourd’hui que j’ai un peu de loisir, je vais t’entretenir longuement et te répondre.

Mais par où commencerai-je ? Je vais répliquer d’abord à tes questions, puis je deviserai à mon tour. Tes deux lettres, la dernière surtout, m’ont causé un vrai plaisir. Croirais-tu bien qu’à la lecture de celle-ci des larmes d’attendrissement ont mouillé mes yeux ? car j’étais plein d’une douce joie à la vue de ta verve catholique et de ta jeune indignation. Courage ! te voilà dans la route du bien ; courage, mon ami, affermis tes pas ; reste solide et ferme contre les orages qui ne manqueront pas de fondre sur toi ; garde-toi surtout du décou-