Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/57

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ragement : c’est la mort de l’âme. Ainsi, prends l’habitude de voir le mal autour de toi sans en être ébranlé. Aux jours de notre enfance, dans ces jours qui s’écoulaient paisiblement au milieu de parents vertueux et d’amis bien-aimés, nous avons cru, simples que nous étions, que notre famille était l’univers, et que tout le monde devait pratiquer ce qu’on nous enseignait. Aussi, bien poignant est l’instant où les yeux se dessillent, où le monde apparaît sous ses formes véritables, avec la laideur de ses vices, le bruit de ses passions, les blasphèmes de son impiété. Nous étions pleins de confiance et de candeur, notre âme était ouverte à toute parole d’homme et tout discours nous semblait empreint de vérité, et voilà qu’aujourd’hui il nous faut apprendre l’art pénible de la défiance et du soupçon.


29 décembre 1851.

Quinze jours se sont passés ! Mes nombreuses occupations m’ont empêche de t’écrire, mais non de penser à toi. Maintenant que j’ai un peu de loisir, reprenons notre causerie et renouons l’entretien. Tu me demandais des nouvelles, de nombreuses nouvelles sur moi, sur la science, sur la politique, sur la religion.

Moi ! puis-je être mieux ? Une jolie chambre, une bonne table, une agréable société, des conver-