Page:Ozanam - Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu/65

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domestiques, ne sont point pour celui qui vit dans l’isolement de la capitale.

Ainsi je verrai passer le jour de l’an, ce jour tant aime ; je le verrais célébrer autour de moi par une famille heureuse ; un bon père accablé de caresses, près d’un foyer où je ne m’asseois qu’à titre d’hospitalité. Je verrai tout cela, et je songerai que moi aussi j’ai un excellent père, que j’ai une mère chérie et des frères bien-aimés, et que je ne les embrasserai, pas. Oh ! si vous saviez tout ce que ces réflexions ont d’amer pour mon âme ! Dieu est généreux sans doute de m’avoir adouci l’exil par la société où je me trouve placé ; mais Dieu fait bien toute chose, il a bien vu que le mal du pays me ferait souffrir, beaucoup souffrir, et que, faible. comme je le suis, il me faudrait bien des consolations pour me soutenir jusqu’au bout.

Voici Noël qui approche : je prierai pour vous, vous prierez pour moi, ma bonne mère. Dieu nous entendra tous deux, il nous donnera force et courage son règne nous arrivera, et, quel que soit l’avenir, nous marcherons d’un pas ferme vers les destinées qui nous attendent.